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Issue #086 L’Australie a légalisé les thérapies psychédéliques : le reste du monde doit-il s’engager sur la même voie ?
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Micaela McLucas/Trunk Archive

L’Australie a légalisé les thérapies psychédéliques : le reste du monde doit-il s’engager sur la même voie ?

« Vous pouvez examiner toutes les données cliniques du monde ; en définitive, c’est le fait de rencontrer des gens et d’écouter leurs récits de vie qui m’a convaincue. Ces ancien·nes combattant·es qui ne voulaient pas dormir parce qu’ils et elles voyaient, entendaient et ressentaient le traumatisme encore et encore. Vous ne pouvez pas entendre de telles histoires et ne pas être pour. » Jo Neill, professeur de psychopharmacologie à l’université de Manchester, parle ici des thérapies psychédéliques, et plus spécifiquement des raisons pour lesquelles elle plébiscite le fait que l’Australie est récemment devenue le premier pays au monde à classer les substances psychédéliques dans la catégorie des médicaments. En juillet dernier, la loi a évolué pour autoriser les psychiatres spécialisé·es agréé·es à prescrire de la MDMA en cas de syndrome de stress post-traumatique (SSPT), et de la psilocybine (les champignons magiques) pour les dépressions résistant aux traitements classiques.

Keith J. Abraham, vétéran de l’armée britannique, a bénéficié d’une thérapie psychédélique et demande que de telles thérapies soient déployées au Royaume-Uni. Il a été gravement traumatisé après avoir vu des ami·es tué·es au combat en Iraq et en Afghanistan. Outre la souffrance, la frustration, le ressentiment et la colère, il a souffert de symptômes physiques débilitants : « J’ai commencé à transpirer tout le temps : les paumes des mains, le dos, la poitrine, le visage, les pieds... Vraiment partout. C’est un état qui n’était pas déclenché, mais était permanent. » Ces symptômes d’hyperexcitation sont une caractéristique clé du SSPT. Abraham a essayé la psychothérapie et les antidépresseurs, mais « tout ça m’a juste abruti. » Lorsque des amis lui ont parlé de l’ayahuasca, un breuvage psychoactif utilisé dans des cérémonies de guérison en Amazonie, il a réservé un voyage au Pérou. « J’ai passé 10 jours dans la jungle, participé à deux cérémonies d’ayahuasca et lorsque j’en suis ressorti, j’avais la profonde conviction d’avoir été guéri », relate-t-il.

Si son témoignage est poignant, de nombreuses critiques s’élèvent pour avancer que la décision prise par l’Australie est précipitée et potentiellement dangereuse. Le professeur Arash Javanbakht, psychiatre et directeur de la clinique de recherche sur le stress, les traumatismes et l’anxiété à l’université Wayne State du Michigan, affirme ainsi : « Bien que les rapports d’études semblent prometteurs, je suis sceptique quant aux déclarations médicales révolutionnaires. Tout au long de l’histoire de la psychiatrie, nous avons connu différents engouements pour des remèdes prometteurs tels que la psychanalyse, la kétamine, les cannabinoïdes, le propranolol, les opioïdes et les agents d’amélioration de la mémoire, qui se sont estompés avec le temps ou ont montré une efficacité minime à long terme. Il n’y a pas de recette miracle. »

Bien que les partisans des substances psychédéliques soutiennent que près de 300 études cliniques sont disponibles pour prouver leur efficacité, leur utilisation suscite des inquiétudes, notamment concernant la qualité des preuves, les effets secondaires potentiels (dont la psychose), l’efficacité à long terme, le risque de rechute et le coût des traitements (sachant qu’une séquence pourrait coûter jusqu’à 25 000 dollars australiens).

Et Javanbakht d’ajouter : « Les données concernant l’utilisation dans la communauté sont insuffisantes, notamment sur les personnes, la gravité des maladies, les types de traumatismes ou les comorbidités pour lesquels cela fonctionne ou pas. De nombreux patient·es souffrant de SSPT recourent aux drogues et à l’alcool : est-il alors judicieux de leur faire consommer des substances psychédéliques ? »

Sur la question du coût, Neill précise que les antidépresseurs pris au quotidien représentent un coût non négligeable à long terme, surtout si l’on tient compte du fait qu’un quart des personnes concernées en consomment pendant une décennie ou plus. « Avec les substances psychédéliques, vous prenez une, deux ou trois doses élevées, vous suivez une psychothérapie et vous n’avez peut-être pas besoin d’un autre traitement. C’est un changement de paradigme qui sera rentable sur le long terme. » Elle avance également que tant que le traitement est étroitement réglementé, comme c’est le cas en Australie, où seuls les psychiatres agréé·es par le comité d’éthique pour la recherche sur les êtres humains et l’autorité de régulation médicale (TGA) sont autorisé·es à pratiquer la thérapie psychédélique, celle-ci peut être aussi sûre que cela a été montré lors des essais cliniques. « Le nombre de gens atteints de SSPT ou de grave dépression ayant tenté de mettre fin à leurs jours est bouleversant, relate-t-elle. Rien n’a marché pour eux, alors que nous savons que [les thérapies psychédéliques] peuvent aider. »

Selon l’Organisation mondiale de la santé, une personne sur huit dans le monde vit avec un trouble mental et une personne met fin à ses jours toutes les 40 secondes. L’existence même de dépressions résistant aux traitements appelle la nécessité d’envisager de nouvelles possibilités. Pour les antidépresseurs les plus couramment prescrits, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), « seul un tiers des personnes passent en rémission », indique Neill. « Pour les dépressions graves, les substances psychédéliques réinitialisent le cerveau, recadrent la façon dont vous voyez les expériences passées qui ont conduit à votre dépression, et vous permettent d’aller de l’avant. » D’autres usages sont également envisageables. « Certaines substances psychédéliques ont de puissants effets anti-inflammatoires, explique Neill. Ils pourraient donc traiter un grand nombre de maladies et de pathologies. » Des recherches sont en cours dans des domaines aussi variés que le traitement de la douleur, les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles de l’alimentation ou encore la maladie d’Alzheimer.

Tout le monde s’accorde à dire qu’une utilisation correcte, des protocoles de psychothérapie précis et un soutien et une intégration rapprochée assurés par des thérapeutes agréé·es sont essentiels, car, comme le souligne Javanbakht, « lorsque des souvenirs de traumatismes refont surface, ils conduisent à une vulnérabilité lors de la reconsolidation, ce qui signifie qu’il est possible de les réécrire, ou du moins certains éléments ou aspects émotionnels associés. Cela peut représenter un espoir dans le cadre d’une psychothérapie bien menée, mais pourrait tourner mal entre de mauvaises mains. »

Motivé par sa propre expérience, Abraham a créé l’antenne britannique de Heroic Hearts, une association caritative qui aide les vétérans de l’armée et des services d’urgence souffrant de SSPT. Bien que les substances psychédéliques soient illégales au Royaume-Uni, l’association met les gens en contact avec des programmes dans des endroits où ces drogues sont disponibles. Abraham pense que les drogues sont un moyen d’atteindre l’inaccessible. « Au cours de l’été 2018, il y a eu deux suicides par semaine pendant huit semaines dans la communauté [des vétérans de l’armée], évoque-t-il. L’onde de choc qui parcourt une communauté lorsqu’elle est confrontée à une telle vague de suicides est déchirante. Ces gens auraient pu être sauvés s’ils avaient pu avoir accès à ces drogues. »

Laura Potter est rédactrice et autrice indépendante. Ses articles ont été publiés dans les magazines The Observer, The Guardian’s Saturday, The Times et Women’s Health

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